samedi 2 juin 2012

ÉTHIQUE ET LA CRISE ÉTUDIANTE

Dans le langage populaire éthique signifie décider et agir à partir de valeurs consensuelles afin que les actions, qui seront mises en oeuvre, feront sens pour toutes les personnes touchées par ces actions.

La grève étudiante met en évidence un conflit de valeurs entre la position des étudiants et celle du gouvernement. Ce n'est pas tous les étudiants qui pensent exactement la même chose autour de leur position mise de l'avant et du côté du gouvernement, majoritaire, cela doit être la même chose même si le premier ministre dit que tous parlent d'une même voix.

Il y a donc une multitude de subjectivités qui se rencontrent et qui sont invités, ensemble à dialoguer pour discerner et décider les actions en créant un partage de sens pour toutes les personnes impliquées par ces actions. Cela veut dire une solution où les étudiants qui sont pour la grève, les étudiants qui sont contre la grève, le gouvernement majoritaire, les partis de l'opposition et la population en générale, tenant compte des commerçants, des organisateurs et participants des différentes activités trouveront que devant l'action choisie, ils pourront dire: cela a de l'allure, cela fait sens, même si des personnes ne sont pas entièrement d'accord avec la solution trouvée.

Cependant, ce cas, qui  préoccupe la population québécoise actuellement, s'est cristallisé autour de la grève étudiante mais, selon plusieurs experts, il le déborde largement.

C'est l'expression "Le monarque et le peuple" cité dans l'article "Monarcho-libéraux contre républicains" de Stéphane Baillargeon paru dans le journal Le Devoir du 2 juin 2012 qui a été, pour moi, le déclencheur de la mise en oeuvre de ce message.

Nous constatons la même chose avec le gouvernement Harper au Fédéral. Des personnes qui sont élus se croient des monarques et peuvent faire tout ce qu'ils veulent au nom de la démocratie. Cela devient tellement évident que, suite à l'affaire des commandites au fédéral, au refus du gouvernement, pendant des années d'aller vers une commission d'enquêtes sur la corruption et on pourrait ajouter un recensement de 71 cas appuyés par des articles de presse à l'adresse : 
https://www.dropbox.com/sh/0r93xvlvfeibqfy/iE6twulWrR/Indignation%20en%20chiffres%20et%20en%20aberrations%20-%20Version%20imprimable.pdf, pour la population en général, cela n'a plus de sens et cela explique le ras de bol et le cynisme face à l'action politique. Le peuple ne se sent plus représenter, nous ne sommes plus en démocratie. Peu importe le parti au pouvoir, j'entends souvent : "c'est du pareil au même" ou "tu les mets toutes dans la même poche, tu en tires un et cela sera du pareil au même.

Ce n'est pas un phénomène nouveau, déjà, Thomas Douglas nous en servait la recette dès 1944 par un conte appelé "Mouseland".


Il est certain que ce message représente mon opinion personnelle; je ne dis pas qu'elle équivaut à la vérité. Cependant, il me semble que ma perception n'est pas unique. Pour se faire élire, les politiciens, tous partis confondus, recensent ce que la population veut entendre et le resservent dans leurs discours politiques. Comme exemple, à la dernière élection provinciale, le premier ministre d'alors avait dit qu'il n'en aurait pas de crise économique au Québec.

Je me sens face à un vide en souhaitant des politiciens qui s'engagent avec non seulement la fièvre du pouvoir mais aussi parce qu'ils ont une vision et un désir du "bien proprement humain", comme en parlait Aristote il y a environ 2340 ans.
« Si donc il y a, de nos activités, quelque fin que nous souhaitons par elle-même, et les autres seulement à cause d’elle [...], il est clair que cette fin-là ne saurait être que le bien, le Souverain Bien. [...]  S’il en est ainsi, nous devons essayer d’embrasser, tout au moins dans ses grandes lignes, la nature du Souverain Bien, et de dire de quelle science particulière ou de quelle potentialité il relève [...] Or une telle science est manifestement la Politique car c’est elle qui dispose quelles sont parmi les sciences celles qui sont nécessaires dans les cités [...] la fin de cette science englobera les fins des autres sciences; d’où il résulte que la fin de la Politique sera le bien proprement humain »[1].