lundi 28 mai 2012

LES ORGANISATIONS



Dans la figure 1 : Cadre conceptuel de l'éthique et de l'éthique appliquée, nous avons voulu représenter le champ principal d'action de l'éthique appliquée dans les organisations, c'est-à-dire dans des groupes d'au moins deux personnes vivant un sentiment d'appartenance[1] entre elles. Pour aider à nous faire comprendre, nous nous servirons d'une utopie en définissant deux types d'organisation que nous pouvons rencontrer dans nos sociétés :

"Organisation" : Milieu de vie constitué d'un groupe de deux personnes et plus, pouvant vivre un sentiment d'appartenance, ayant des valeurs[2] partagées procurant au groupe sa raison d'être. C'est une définition large incluant un couple, une famille, une compagnie, une équipe de hockey, une gang de rue, une association syndicale, un groupe criminalisé, etc.

"Organisation éthique" : Milieu de vie constitué d'un groupe de deux personnes et plus, vivant un sentiment d'appartenance appuyé sur des valeurs éthiques[3] partagées et ayant le désir de cultiver la solidarité, la dignité et la liberté de toutes les personnes en lien à sa mission, incluant celles y œuvrant.

Ce qui différencie une organisation d'une organisation éthique c'est le désir de faire advenir le tissu humain de toutes les personnes touchées par l'organisation en lien à sa mission.

C'est au cœur des organisations, dans le vivre-ensemble, que se vivront les malaises demandant ce travail de l'éthique appliquée car le désir de la vie bonne et la recherche du Bien ne peuvent se faire que dans la rencontre d'un "Je" et d'un "Tu" vivant un sentiment d'appartenance les motivant dans une quête du Sens.

Bien sûr, comme nous l'avons mentionné au début, ces deux types d'organisation sont utopiques. La réalité se trouve dans l'entre deux, entre ce que nous avons défini comme organisation et organisation éthique.

Figure 3 : D'une organisation vers une organisation éthique



Le vivre-ensemble réel de chaque organisation se trouve quelque part sur la ligne. Bien que nous ne croyons pas à l'imperfection radicale dans ce que nous avons représenté dans les organisations, pas plus qu'à l'idéalisation d'une organisation éthique, nous sommes persuadés que, plus une organisation a en son sein des personnes conscientes de leur devenir-sujet, plus le vivre-ensemble sera teinté du partage de sens pour toutes les personnes impliquées.


De même, plus le vivre-ensemble sera ouvert au partage de sens pour toutes les personnes touchées par l'organisation, plus il y aura de personnes conscientes de leur devenir-sujet.



[1] Sentiment provenant du besoin d'appartenir à un groupe, il résulte du fait de s'y sentir à sa place, d'être traité comme une personne (sujet) et non comme un objet.  Il procure une motivation profonde à un engagement mutuel vis-à-vis du groupe et de toutes les personnes qui le composent et il en résulte un sentiment de fierté conduisant à une responsabilisation de tous les membres vis-à-vis du groupe.
[2] Valeur : Je reprends ici la première partie de la définition de Georges Legault : "Élément de la motivation effective permettant de passer de la décision à l'acte.  Elle constitue la fin visée par l'action envisagée dans la décision et se traduit verbalement comme raison d'agir et comme sens de l'action". Se place dans cette définition les raisons du profit pour le profit, les raisons d'être des gangs de rue, des groupes criminalisés, des actions terroristes, etc.  C'est la valeur pour la valeur sans sa dimension éthique.
[3] Valeur éthique : Nous y discernons deux dimensions : Dimension ontologique : La valeur peut-être perçue comme le potentiel ontologique qui appelle à advenir au travers du désir inconscient en chaque personne, l'amenant ainsi vers son accomplissement. (Devenir-Sujet). Dimension pragmatique : Dans une situation donnée, elle devient un "Élément de la motivation effective permettant de passer de la décision à l'acte.  Elle constitue la fin visée par l'action envisagée dans la décision et se traduit verbalement comme raison d'agir et comme sens de l'action en créant une ouverture au partage de sens pour toutes les personnes impliquées par la décision" (Legault). Il est intéressant ici de remarquer que, si on enlève la dernière partie de la définition de Georges Legault "en créant une ouverture au partage de sens pour toutes les personnes impliquées par la décision", la partie restante accorde une valeur au fait que des terroristes aient donné leurs vies en projetant leurs avions sur le World Trade Center.  Nous ne pouvons avoir de doute sur leur forte motivation. Cependant en ajoutant " en créant une ouverture au partage de sens pour toutes les personnes impliquées par la décision", nous retrouvons la dimension éthique en s'attardant à toutes les personnes impliquées par la décision, cela inclurait alors toutes les victimes touchées par cet attentat.

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